Jean Binoche, le recteur d’école

Recteur des écoles petit lecteur

Entre la dynastie des couvreurs et le maître-chirurgien, le recteur des écoles n’avait jusqu’à présent pas vraiment retenu l’attention. À tort, puisque Jean Binoche (1720-1794) est le personnage charnière de l’histoire familiale, celui qui permet à sa famille de changer de statut social grâce à l’éducation.

Son père, né à Saint-Martin-sur-Ocre, avait hérité au décès de sa mère en 1710 d’une maison à Merry-la-Vallée, où il s’était installé. Marié à Parly, le village voisin, le 17 novembre 1711 avec Edmée Pouillot, il décède le 16 août 1724, son fils Jean n’a pas quatre ans. Son parrain devient son tuteur, change sa destinée en faisant de son protégé un recteur des écoles, qui exercera pendant 42 ans à Gy-l’Évêque.

À quoi correspond cette fonction de recteur des écoles, comment était-il recruté, rémunéré, considéré ? Quel enseignement donnait-il ? Quelles relations entretenait-il avec le curé du lieu ? L’Arbre des Binoche s’est plongé dans les archives pour vous le raconter. C’est à lire ici

Histoire de l'instruction primaire avant 1790 dans l'Yonne in Annuaire historique de l'Yonnne 1837 b

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Confinement : lisez un chapitre d’Une histoire de binoche

Couv Une histoire de binocheEn ce Drôle de printemps du virus, L’Arbre des Binoche met à votre disposition, avec l’autorisation des éditions Archives & Culture, un chapitre du livre Une histoire de binoche. 1825, Louis, le plus jeune frère de Jean Baptiste le marchand de nouveautés, s’embarque au Havre pour la Louisiane, où il va évaluer les possibilités d’installer une entreprise de négoce de tissu, en lien avec son frère Pierre resté à Paris. C’est à lire ici : Chapitre V – La terre s’éloigne, le fil se rompt.

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Albert Louvet, le poète de la famille Binoche

albert louvet poésies page de couverture

Alors qu’en ces temps bousculés, les descendants de la famille Binoche (comme les autres) se calfeutrent, s’hydroalcoolisent, se masquent, se confinent, un petit bain de poésie sera le bienvenu. Les rimes n’auront pas raison du virus, elles aideront cependant l’âme à supporter l’air ambiant.

 

Bien qu’imprégnés de culture classique, les Binoche ne semblent pas avoir été portés sur l’expression écrite de leurs sentiments. Le poète de la famille, il faut aller le chercher parmi les pièces enrichissantes.

Marguerite Binoche, la troisième fille d’Adolphe et Ursula Binoche, s’est mariée en avril 1888 à Albert Louvet. Au XVIIIe siècle, ses ancêtres fournissaient les tapisseries de châteaux royaux. Lui-même avait hérité de la manufacture de passementerie familiale. Il était également un tendre poète, où s’expriment sans pesanteur les valeurs qui l’animent et met en garde contre les mirages de la fortune ou de la gloire. Il trouvait son inspiration autour de lui, en particulier parmi les membres de sa famille et dans les paysages de Champs-sur-Yonne. Comme dans ce poème intitulé Vacances écrit lors d’un séjour dans la propriété familiale de son beau-père Adolphe Binoche à Champs :

Tout dans ma flânerie attire l’examen,
Le brin d’herbe qui pousse auprès de cette ornière,
Le vol de cet oiseau, cette humble taupinière,
Et je m’amuse à tout sans songer à demain.

Le père poète distille ses conseils à l’occasion des anniversaires de ses enfants. Ainsi pour les dix-sept ans de sa fille aînée Alice, née en janvier 1889, il la met en garde dans ce poème écrit la veille de l’événement (extrait) :

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Le troisième enfant et ses mystères

1862 1863 Jules ou Manoel

Mariés le 29 juin 1857 au Brésil, Adolphe et Ursula ont leur premier enfant, Louis, le 6 novembre 1858 et le deuxième, Henri, le 4 juin 1860. Ils figurent sur la fameuse gravure de Henrique Fleiuss, réalisée début 1861. Le troisième enfant va naître le 10 avril 1862, toujours à Rio de Janeiro, mais il décédera moins d’un an plus tard, le 17 mars 1863. Ce troisième enfant nous pose quelques problèmes. Son prénom d’abord, mais pas seulement.

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Marcel, ça chauffe…

1915 10 25 Binoche Marcel lettre à sa mère

Extrait de la lettre de Marcel Binoche du 25 octobre 1915

Les Binoche, cela va de soi, ont, et avaient, toutes les qualités. Ainsi de Félix, le frère aîné d’Adolphe, « pétillant d’intelligence » selon les Souvenirs du jeune âge du magistrat Léon Lyon-Caen parus en 1912. Quant à l’avocat Louis Binoche, le bâtonnier Fernand Payen en dressait ce portrait le 6 novembre 1930, en célébrant les cinquante ans de carrière du fils aîné d’Adolphe : « Ce regard vif, souriant, un peu malicieux, qui laisse croire si faussement à une ironie moqueuse que vous n’avez pas ». La figure de rhétorique est assez classique, qui consiste à nier en apparence ce que vous voulez dire en réalité… 

Donc, une intelligence vive, qu’il arrive aux Binoche de mettre au service d’une ironie plus ou moins tendre. Jusqu’à présent, dans nos recherches, nous n’avons pu exploiter que de trop rares correspondances. Mais à l’occasion de la conférence donnée à la mairie du XVe le 3 mars 2020 [1], Francis Binoche s’est replongé dans les archives familiales et en a exhumé une lettre que son grand-père Marcel, fils de Louis et donc petit-fils d’Adolphe, écrit à sa mère  le 25 octobre 1915 alors qu’il est cantonné à Pont-à-Mousson. Si le bâtonnier feignait d’infirmer l’ironie moqueuse de Louis, la pièce à conviction démontre les qualités d’artilleur de son fils Marcel… Lire la suite

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…et vint 2020

Voeux 2020 ladb

Pour ceux qui pourront se libérer, n’oubliez pas de noter la « conférence Binoche » dans le cadre des « Mardis de l’histoire » le mardi 3 mars 2020 à Paris, dans l’une des salles de la mairie du XVe arrondissement, de 16 à 17 heures (vous pouvez signaler dans la partie « Répondre » votre intention de venir)

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Jean-Baptiste Binoche, chirurgien par voie maritale

Ongant à la mère

Au milieu du XVIIIe siècle, les chirurgiens sont issus pour la plupart de lignées familiales de praticiens, qui ont pour habitude de s’allier entre elles. Le fils d’un maître chirurgien le devient lui-même, et la fille en épouse un autre. On a raconté ici la vie, jusqu’à la fin tragique un soir d’orage, de Jean-Baptiste Binoche, maître-chirurgien  de Champs-sur-Yonne, né en 1755 d’un modeste recteur des écoles et de la fille d’un vigneron, qui ne comptaient aucun chirurgien dans leur ascendance. A-t-il pour autant épousé une femme issue de ce milieu ?

Commençons par un nécessaire et bref rappel de l’organisation de la profession. Depuis 1730, la corporation des chirurgiens avait à sa tête le premier chirurgien du roi, qui désignait pour chaque communauté (région) son représentant, dénommé lieutenant, lui-même maître-chirurgien. Jusqu’à la Révolution, les maîtres-chirurgiens se répartiront en trois classes. La première regroupe ceux qui exercent dans la ville-siège de la communauté, la deuxième est installée dans les autres villes et la troisième pratique dans les bourgs et villages. La clientèle de cette troisième classe est donc essentiellement rurale, éparpillée autour du domicile du chirurgien sollicité jour et nuit. Le maître-chirurgien de Champs-sur-Yonne (on dit alors simplement Champs) est de cette troisième classe.

Le chirurgien de la fin du XVIIIe siècle, qui joue alors le rôle de médecin de famille, est une figure centrale dans la vie des habitants de l’Auxerrois. Très préoccupés de leur santé (la peste, responsable de la mort de plus de cent mille personnes en Provence entre 1720 et 1722 est profondément ancrée dans les mémoires), ceux-ci hésitent d’autant moins à recourir à ses services que le praticien accepte souvent de se faire payer avec retard, en nature, ou parfois même pas du tout : « Le chirurgien, surtout en campagne, joue avant tout son rôle de soignant, puis s’inquiète s’il peut être payé, parfois sans grand espoir¹.» 

On n’exerce donc pas le métier avec l’espoir de s’enrichir, mais d’abord pour rendre service. Pour le jeune Jean-Baptiste Binoche, c’est pourtant un degré de plus à franchir dans l’échelle sociale.

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Amigos brasileiros, talvez primos

Connexions Brésil nov 2019Amigos brasileiros, vocês são muitos a se conectar  nestes últimos dias no site L’Arbre des Binoche (A árvore genealógica dos Binoche). Não hesitem a me enviar uma mensagem, principalmente se forem da família de Úrsula Rosa de Araújo Mattos ou José Pedro de Araujo Mattos !

jlbrachet53@gmail.com, um descendente de Úrsula e José Pedro

(pour information : plus de 250 connexions à partir du Brésil entre le 21 novembre et le 2 décembre)

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Nicolas Lambert, l’emballeur

Emballeur coffretierPour la famille Binoche, Nicolas Lambert (1800-1859), c’est « l’emballeur qui préparait des pacotilles pour les gens entreprenants qui partaient les vendre dans les pays neufs de l’Amérique du Sud », celui chez qui Jules Binoche, grand frère d’Adolphe, travaille à Paris avant d’être envoyé au Brésil.

Extrait du témoignage de Marcel Gangnat, gendre d’Adolphe, ce souvenir suinte, sinon le mépris, du moins une certaine condescendance à l’endroit de celui qui n’est autre que le beau-frère de Jean-Baptiste. Le père de Jules et Adolphe avait épousé Louise Foÿ ; Ursule Foÿ, la sœur de celle-ci, était mariée pour sa part à Nicolas Lambert, qui nous occupe aujourd’hui. La mémoire familiale n’avait retenu que ce jugement quelque peu dédaigneux à l’encontre d’un homme à qui les Binoche doivent beaucoup, et avec lequel ils sont restés en contact étroit jusqu’à son décès. Il méritait bien qu’on s’attache à aller au-delà du seul… emballage que nous avait laissé ce commentaire lapidaire.

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José Pedro de Araujo Mattos, complément d’enquête

Fazenda

Une fazenda

Les 111 esclaves inscrits sur son inventaire après décès heurtent tellement nos mentalités contemporaines qu’ils occultent tout le reste de la vie de José Pedro de Araujo Mattos ; qui était-il vraiment ? Si l’inventaire en question dessine sans surprise un fazendeiro aisé, il ne dit rien du caractère du père d’Ursula Binoche, de son tempérament et de ses engagements.

La Biblioteca nacional digital Brasil passée au tamis a déniché quelques articles de journaux qui nous permettent de préciser, un peu, les contours de la vie du beau-père d’Adolphe Binoche, au-delà du jugement lapidaire et trop simpliste sur « le fazendeiro aux 111 esclaves ». Pour avoir marié ses deux nièces et ses deux filles à des Français, ce francophile était-il aussi imprégné des principes humanistes des Lumières, comme nombre de ses concitoyens, à commencer par le premier d’entre eux, l’empereur du Brésil Pedro II ? Même si les articles de la presse de l’époque, souvent plus militante qu’informative, doivent être analysés avec précaution, ils lèvent un coin du voile sur un personnage aux amitiés libérales, honnête homme, patriote – comme on peut l’être au Brésil à l’époque de la guerre dévastatrice contre le Paraguay.

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