…et vint 2020

Voeux 2020 ladb

Pour ceux qui pourront se libérer, n’oubliez pas de noter la « conférence Binoche » dans le cadre des « Mardis de l’histoire » le mardi 3 mars 2020 à Paris, dans l’une des salles de la mairie du XVe arrondissement, de 16 à 17 heures (vous pouvez signaler dans la partie « Répondre » votre intention de venir)

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

Jean-Baptiste Binoche, chirurgien par voie maritale

Ongant à la mère

Au milieu du XVIIIe siècle, les chirurgiens sont issus pour la plupart de lignées familiales de praticiens, qui ont pour habitude de s’allier entre elles. Le fils d’un maître chirurgien le devient lui-même, et la fille en épouse un autre. On a raconté ici la vie, jusqu’à la fin tragique un soir d’orage, de Jean-Baptiste Binoche, maître-chirurgien  de Champs-sur-Yonne, né en 1755 d’un modeste recteur des écoles et de la fille d’un vigneron, qui ne comptaient aucun chirurgien dans leur ascendance. A-t-il pour autant épousé une femme issue de ce milieu ?

Commençons par un nécessaire et bref rappel de l’organisation de la profession. Depuis 1730, la corporation des chirurgiens avait à sa tête le premier chirurgien du roi, qui désignait pour chaque communauté (région) son représentant, dénommé lieutenant, lui-même maître-chirurgien. Jusqu’à la Révolution, les maîtres-chirurgiens se répartiront en trois classes. La première regroupe ceux qui exercent dans la ville-siège de la communauté, la deuxième est installée dans les autres villes et la troisième pratique dans les bourgs et villages. La clientèle de cette troisième classe est donc essentiellement rurale, éparpillée autour du domicile du chirurgien sollicité jour et nuit. Le maître-chirurgien de Champs-sur-Yonne (on dit alors simplement Champs) est de cette troisième classe.

Le chirurgien de la fin du XVIIIe siècle, qui joue alors le rôle de médecin de famille, est une figure centrale dans la vie des habitants de l’Auxerrois. Très préoccupés de leur santé (la peste, responsable de la mort de plus de cent mille personnes en Provence entre 1720 et 1722 est profondément ancrée dans les mémoires), ceux-ci hésitent d’autant moins à recourir à ses services que le praticien accepte souvent de se faire payer avec retard, en nature, ou parfois même pas du tout : « Le chirurgien, surtout en campagne, joue avant tout son rôle de soignant, puis s’inquiète s’il peut être payé, parfois sans grand espoir¹.» 

On n’exerce donc pas le métier avec l’espoir de s’enrichir, mais d’abord pour rendre service. Pour le jeune Jean-Baptiste Binoche, c’est pourtant un degré de plus à franchir dans l’échelle sociale.

Lire la suite

Publié dans Collatéraux, Les ascendants d'Adolphe | Laisser un commentaire

Amigos brasileiros, talvez primos

Connexions Brésil nov 2019Amigos brasileiros, vocês são muitos a se conectar  nestes últimos dias no site L’Arbre des Binoche (A árvore genealógica dos Binoche). Não hesitem a me enviar uma mensagem, principalmente se forem da família de Úrsula Rosa de Araújo Mattos ou José Pedro de Araujo Mattos !

jlbrachet53@gmail.com, um descendente de Úrsula e José Pedro

(pour information : plus de 250 connexions à partir du Brésil entre le 21 novembre et le 2 décembre)

Publié dans Brésil | Laisser un commentaire

Nicolas Lambert, l’emballeur

Emballeur coffretierPour la famille Binoche, Nicolas Lambert (1800-1859), c’est « l’emballeur qui préparait des pacotilles pour les gens entreprenants qui partaient les vendre dans les pays neufs de l’Amérique du Sud », celui chez qui Jules Binoche, grand frère d’Adolphe, travaille à Paris avant d’être envoyé au Brésil.

Extrait du témoignage de Marcel Gangnat, gendre d’Adolphe, ce souvenir suinte, sinon le mépris, du moins une certaine condescendance à l’endroit de celui qui n’est autre que le beau-frère de Jean-Baptiste. Le père de Jules et Adolphe avait épousé Louise Foÿ ; Ursule Foÿ, la sœur de celle-ci, était mariée pour sa part à Nicolas Lambert, qui nous occupe aujourd’hui. La mémoire familiale n’avait retenu que ce jugement quelque peu dédaigneux à l’encontre d’un homme à qui les Binoche doivent beaucoup, et avec lequel ils sont restés en contact étroit jusqu’à son décès. Il méritait bien qu’on s’attache à aller au-delà du seul… emballage que nous avait laissé ce commentaire lapidaire.

Lire la suite

Publié dans Collatéraux, Les ascendants d'Adolphe | Laisser un commentaire

José Pedro de Araujo Mattos, complément d’enquête

Fazenda

Une fazenda

Les 111 esclaves inscrits sur son inventaire après décès heurtent tellement nos mentalités contemporaines qu’ils occultent tout le reste de la vie de José Pedro de Araujo Mattos ; qui était-il vraiment ? Si l’inventaire en question dessine sans surprise un fazendeiro aisé, il ne dit rien du caractère du père d’Ursula Binoche, de son tempérament et de ses engagements.

La Biblioteca nacional digital Brasil passée au tamis a déniché quelques articles de journaux qui nous permettent de préciser, un peu, les contours de la vie du beau-père d’Adolphe Binoche, au-delà du jugement lapidaire et trop simpliste sur « le fazendeiro aux 111 esclaves ». Pour avoir marié ses deux nièces et ses deux filles à des Français, ce francophile était-il aussi imprégné des principes humanistes des Lumières, comme nombre de ses concitoyens, à commencer par le premier d’entre eux, l’empereur du Brésil Pedro II ? Même si les articles de la presse de l’époque, souvent plus militante qu’informative, doivent être analysés avec précaution, ils lèvent un coin du voile sur un personnage aux amitiés libérales, honnête homme, patriote – comme on peut l’être au Brésil à l’époque de la guerre dévastatrice contre le Paraguay.

Lire la suite

Publié dans Brésil | Laisser un commentaire

À quoi ça ressemble, une binoche ?

1396 Calendrier anglais 1396 Musée de Bâle JuniusPrivilège rare, les Binoche peuvent situer très précisément leur origine géographique, sur un lopin de terre à Volgré, un village du nord de l’Yonne. Pour résumer : autour des années 1200, un homme cultive un champ qui demande un deuxième labour. L’outil qu’il utilise pour ce deuxième labour, plus superficiel que le premier, a un nom : la binoche. Un outil que l’on ne voit plus guère aujourd’hui, du moins sous cette dénomination. L’outil va donner son nom au lopin de terre et au chemin attenant, et finalement à celui qui le manie. Mais au fait, ça ressemblait à quoi, une binoche ?

Nous nous sommes plongés dans de vieux, parfois très vieux ouvrages, pour retrouver la définition et si possible une illustration de cette binoche des origines, non sans quelques surprises. Ouvrons au hasard (enfin, presque), le Glossaire du centre de la France établi en 1856 par un certain comte Hippolyte François Jaubert.

1856 Glossaire du centre de la France

Voilà confirmée la définition du binage, mais que lit-on ? La Bine ou Binoche est une dinde femelle ? À moi, comte, deux mots ! Oh, pardon, quatre lignes plus bas, nous avons la bonne définition d’une Binoche, outil de jardinier servant à biner.

Remontons plus haut dans le temps. Le Dictionnaire universel, contenant généralement tous les mots françois tant vieux que modernes, & les termes de toutes les sciences et des arts (on s’arrête ici, le titre entier tient sur une page…), œuvre de Messire Antoine Furetière, de l’Académie Françoise, nous donne dans sa version de 1690 deux définitions de Biner :

Biner 1690 Furetière 1690

C’était en 1690. Furetière savait de quoi il parlait, étant lui-même abbé de Chalivoy, une commune du Cher. En 2019, si un Binoche vous explique qu’il bine, ne vous méprenez pas, il ne veut pas forcément signifier qu’il assiste à deux messes en un jour, même si aucun évêque ne saurait nous empêcher.

Mais cela ne nous donne pas de représentation de la binoche. On y arrive, un calendrier anglais de 1396 nous en propose une figure.

Lire la suite

Publié dans Informations de base | Laisser un commentaire

1863, un départ du Brésil contrarié

Départ de Bordeaux d'un paquebot transatlantique Richard Faxon © Musée des Beaux-Arts - Bordeaux Vue partielleQuand ont-ils quitté Rio de Janeiro ? Nous poursuivons notre exploration de la Biblioteca nacional digital Brasil en cherchant cette fois à en savoir plus sur le départ du Brésil d’Adolphe Binoche et de sa famille. Ici, le récit familial se fonde sur des recoupements et des suppositions. Il est établi que que ce retour a eu lieu en 1863, très probablement au cours du premier semestre.

1862 04 10 Binoche Jules Adolphe Acte de naissance

C’est à Paris que naîtra Marthe, quatrième enfant du couple, le 24 août 1863. Le troisième enfant était né à Rio le 10 avril 1862. Petite parenthèse sur le prénom de ce fils, objet d’une discussion comme les affectionnent les généalogistes. Certains en tiennent pour Manuel, d’autres fournissent la copie du registre du consulat de Rio où est consignée la naissance du troisième fils d’Adolphe et Ursula. (cliquer pour agrandir),  sous le nom de Jules Adolphe.

Cela aurait pu clore la discussion, on va voir que ce n’est pas si simple. Mais quel que soit le prénom de l’enfant, on sait qu’il décède à Rio le 17 mars 1863. On supposait que cette mort brutale, attribuée aux épidémies trop fréquentes sous le climat brésilien, avait convaincu Adolphe de rapatrier sa famille en France. On a aujourd’hui la réponse.

Lire la suite

Publié dans Adolphe, Brésil | Laisser un commentaire