Amigos brasileiros, talvez primos

Connexions Brésil nov 2019Amigos brasileiros, vocês são muitos a se conectar  nestes últimos dias no site L’Arbre des Binoche (A árvore genealógica dos Binoche). Não hesitem a me enviar uma mensagem, principalmente se forem da família de Úrsula Rosa de Araújo Mattos ou José Pedro de Araujo Mattos !

jlbrachet53@gmail.com, um descendente de Úrsula e José Pedro

(pour information : plus de 250 connexions à partir du Brésil entre le 21 novembre et le 2 décembre)

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Nicolas Lambert, l’emballeur

Emballeur coffretierPour la famille Binoche, Nicolas Lambert (1800-1859), c’est « l’emballeur qui préparait des pacotilles pour les gens entreprenants qui partaient les vendre dans les pays neufs de l’Amérique du Sud », celui chez qui Jules Binoche, grand frère d’Adolphe, travaille à Paris avant d’être envoyé au Brésil.

Extrait du témoignage de Marcel Gangnat, gendre d’Adolphe, ce souvenir suinte, sinon le mépris, du moins une certaine condescendance à l’endroit de celui qui n’est autre que le beau-frère de Jean-Baptiste. Le père de Jules et Adolphe avait épousé Louise Foÿ ; Ursule Foÿ, la sœur de celle-ci, était mariée pour sa part à Nicolas Lambert, qui nous occupe aujourd’hui. La mémoire familiale n’avait retenu que ce jugement quelque peu dédaigneux à l’encontre d’un homme à qui les Binoche doivent beaucoup, et avec lequel ils sont restés en contact étroit jusqu’à son décès. Il méritait bien qu’on s’attache à aller au-delà du seul… emballage que nous avait laissé ce commentaire lapidaire.

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José Pedro de Araujo Mattos, complément d’enquête

Fazenda

Une fazenda

Les 111 esclaves inscrits sur son inventaire après décès heurtent tellement nos mentalités contemporaines qu’ils occultent tout le reste de la vie de José Pedro de Araujo Mattos ; qui était-il vraiment ? Si l’inventaire en question dessine sans surprise un fazendeiro aisé, il ne dit rien du caractère du père d’Ursula Binoche, de son tempérament et de ses engagements.

La Biblioteca nacional digital Brasil passée au tamis a déniché quelques articles de journaux qui nous permettent de préciser, un peu, les contours de la vie du beau-père d’Adolphe Binoche, au-delà du jugement lapidaire et trop simpliste sur « le fazendeiro aux 111 esclaves ». Pour avoir marié ses deux nièces et ses deux filles à des Français, ce francophile était-il aussi imprégné des principes humanistes des Lumières, comme nombre de ses concitoyens, à commencer par le premier d’entre eux, l’empereur du Brésil Pedro II ? Même si les articles de la presse de l’époque, souvent plus militante qu’informative, doivent être analysés avec précaution, ils lèvent un coin du voile sur un personnage aux amitiés libérales, honnête homme, patriote – comme on peut l’être au Brésil à l’époque de la guerre dévastatrice contre le Paraguay.

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À quoi ça ressemble, une binoche ?

1396 Calendrier anglais 1396 Musée de Bâle JuniusPrivilège rare, les Binoche peuvent situer très précisément leur origine géographique, sur un lopin de terre à Volgré, un village du nord de l’Yonne. Pour résumer : autour des années 1200, un homme cultive un champ qui demande un deuxième labour. L’outil qu’il utilise pour ce deuxième labour, plus superficiel que le premier, a un nom : la binoche. Un outil que l’on ne voit plus guère aujourd’hui, du moins sous cette dénomination. L’outil va donner son nom au lopin de terre et au chemin attenant, et finalement à celui qui le manie. Mais au fait, ça ressemblait à quoi, une binoche ?

Nous nous sommes plongés dans de vieux, parfois très vieux ouvrages, pour retrouver la définition et si possible une illustration de cette binoche des origines, non sans quelques surprises. Ouvrons au hasard (enfin, presque), le Glossaire du centre de la France établi en 1856 par un certain comte Hippolyte François Jaubert.

1856 Glossaire du centre de la France

Voilà confirmée la définition du binage, mais que lit-on ? La Bine ou Binoche est une dinde femelle ? À moi, comte, deux mots ! Oh, pardon, quatre lignes plus bas, nous avons la bonne définition d’une Binoche, outil de jardinier servant à biner.

Remontons plus haut dans le temps. Le Dictionnaire universel, contenant généralement tous les mots françois tant vieux que modernes, & les termes de toutes les sciences et des arts (on s’arrête ici, le titre entier tient sur une page…), œuvre de Messire Antoine Furetière, de l’Académie Françoise, nous donne dans sa version de 1690 deux définitions de Biner :

Biner 1690 Furetière 1690

C’était en 1690. Furetière savait de quoi il parlait, étant lui-même abbé de Chalivoy, une commune du Cher. En 2019, si un Binoche vous explique qu’il bine, ne vous méprenez pas, il ne veut pas forcément signifier qu’il assiste à deux messes en un jour, même si aucun évêque ne saurait nous empêcher.

Mais cela ne nous donne pas de représentation de la binoche. On y arrive, un calendrier anglais de 1396 nous en propose une figure.

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1863, un départ du Brésil contrarié

Départ de Bordeaux d'un paquebot transatlantique Richard Faxon © Musée des Beaux-Arts - Bordeaux Vue partielleQuand ont-ils quitté Rio de Janeiro ? Nous poursuivons notre exploration de la Biblioteca nacional digital Brasil en cherchant cette fois à en savoir plus sur le départ du Brésil d’Adolphe Binoche et de sa famille. Ici, le récit familial se fonde sur des recoupements et des suppositions. Il est établi que que ce retour a eu lieu en 1863, très probablement au cours du premier semestre.

1862 04 10 Binoche Jules Adolphe Acte de naissance

C’est à Paris que naîtra Marthe, quatrième enfant du couple, le 24 août 1863. Le troisième enfant était né à Rio le 10 avril 1862. Petite parenthèse sur le prénom de ce fils, objet d’une discussion comme les affectionnent les généalogistes. Certains en tiennent pour Manuel, d’autres fournissent la copie du registre du consulat de Rio où est consignée la naissance du troisième fils d’Adolphe et Ursula. (cliquer pour agrandir),  sous le nom de Jules Adolphe.

Cela aurait pu clore la discussion, on va voir que ce n’est pas si simple. Mais quel que soit le prénom de l’enfant, on sait qu’il décède à Rio le 17 mars 1863. On supposait que cette mort brutale, attribuée aux épidémies trop fréquentes sous le climat brésilien, avait convaincu Adolphe de rapatrier sa famille en France. On a aujourd’hui la réponse.

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Et le 14 décembre 1846, Adolphe débarqua à Rio de Janeiro

1846 12 15 Diario do RJ têtièrePrendre le risque de briser la légende ? Selon le récit familial bien ancré, Adolphe Binoche s’embarque au Havre à dix-huit ou dix-neuf ans, à destination de Rio où il va rejoindre son frère et « pendant les trois mois de traversée, une dame le prend en amitié et lui enseigne le portugais ». La Biblioteca nacional digital Brasila numérisé les collections des journaux de l’époque, avec un accès gratuit et illimité et un système de recherche par mot-clé particulièrement efficace.

bndbCe qui nous offre donc une mine d’informations, en se munissant tout de même d’une bonne dose d’opiniâtreté et d’une connexion particulièrement performante. Nous allons nous intéresser aujourd’hui au Diario do Rio de Janeiro du mardi 15 décembre 1946.

Movimento do portoDans sa rubrique Movimento do porto, le journal relève dans les entrées de la veille, l’arrivée en provenance du Havre de la barca franceze Jeune Pauline, un bateau de 282 tonneaux avec 14 membres d’équipage sous le commandement du capitaine Blais. Dans la liste des passagers dûment retranscrits par le journal : Adolphe Binoche. Bingo ! Il est donc maintenant établi qu’Adolphe arrive à Rio le 14 décembre 1946, en plein été austral, alors qu’il est âgé de dix-neuf ans. Le nom de la goélette en prime, qui devait ressembler à ça : Goëlette

Mais ce n’est pas tout.

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Où Adolphe rêve de diamants et Léon repose chez Voltaire

Voltaire à Ferney gp

Où l’on découvre qu’Adolphe avait un temps été tenté par le négoce de diamants, et où l’on comprend ce que faisait son fils Léon chez Voltaire quand la mort l’a saisi… Mais prenons les événements pas à pas. La mère d’Adolphe Binoche, Louise Foÿ, a une sœur, Ursule, mariée à Nicolas Lambert. Celui-ci, rappelons-le, est l’emballeur qui a embauché Jules, le frère d’Adolphe, dans son affaire à Paris et l’a recommandé à Geoffroy Dalboussière qui cherchait un homme pour suivre ses affaires au Brésil (lire Les affaires de Jules et Adolphe)

Louise donne le jour à Adolphe en 1827, sa sœur Ursule met au monde un petit Emile l’année suivante. Pendant qu’Adolphe fait fortune au Brésil, Emile suit les cours du sculpteur Jules Franceschi à Paris. Il se marie en mars 1856 avec Hortense David-dit-Missilier, la fille de Claude Marie David-Missilier, originaire de Lajoux dans le Jura, industriel lapidaire et négociant en diamants établi à Paris.

Les liens entre les familles des deux sœurs Foÿ sont suffisamment étroits pour que Nicolas Lambert, mari d’Ursule, soit le témoin de Jenny Binoche (fille de Louise) à son mariage en 1840 avec Pacifique Sigaut.

Adolphe est rentré du Brésil en 1863. Trois ans plus tard, le 25 février 1866, il repart à Rio en s’embarquant à Bordeaux à bord de l’Estramadure avec un jeune compagnon de voyage qui n’est autre que Gustave David-dit-Missilier, le frère d’Hortense et donc beau-frère d’Emile Lambert.

1866 02 25 Binoche et David EstramadureAdolphe Binoche est âgé de 39 ans, Gustave David en a 27. Les deux hommes déjeunent ensemble tous les matins à l’hôtel où ils sont descendus à Rio de Janeiro. Il est temps de vous proposer un schéma des différents protagonistes de notre histoire. Voici les liens entre les familles Binoche, Lambert et David, créés par les mariages des deux sœurs Foÿ .

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