Léon 1878-1962

  • Naissance le 16 août 1878 à Champs sur Yonne
  • Mariage (vue 17/31) le 15 juin 1908 à Paris 8e avec Suzanne Jacquemin
  • Décès en août 1962.

Un champion olympique

Léon est le XIIIe enfant d’Adolphe Binoche, c’est en rugby à XV qu’il a gagné une place à part dans la chronique familiale. Champion olympique avec la France en 1900, alors que le premier match officiel de l’équipe de France n’aura lieu qu’en 1906 : en rugby, il n’y a pas que le ballon qui a des rebonds étonnants…

Le 28 février 1878, la fumée blanche du Vatican salue l’élection du 258e pape de l’église catholique, qui prend le nom de Léon XIII. Le 16 août suivant, dans la très catholique famille Binoche, naît le treizième enfant. Adolphe et Ursula le baptisent Léon, un prénom inusité dans la lignée. Comment n’y voir qu’une coïncidence ?

 

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Le pape Léon XIII (Gravure de James Fagan)

Léon XIII, qui occupera le siège de Pierre jusqu’en 1903 (voir la frise chronologique), publie en 1891 l’encyclique Rerum Novarum, qui pour la première fois trace les lignes de la doctrine sociale de l’Eglise.

Pour sa part Léon le treizième enfant d’Adolphe va s’illustrer d’abord dans le sport avant de mener une belle carrière d’industriel.

La carrière sportive d’abord. En 1896, le baron Pierre de Coubertin organise à Athènes les premiers Jeux Olympiques de l’ère moderne. Quatre ans plus tard, Paris accueillent la deuxième édition. Le baron, grand amateur de rugby, arbitre lui-même, inscrit la discipline au programme olympique. C’est un sport balbutiant dans le concert des nations, la première rencontre entre équipes nationales a bien eu lieu en 1871, opposant l’Angleterre à l’Ecosse. Mais il a fallu attendre 1884 pour organiser le premier tournoi rassemblant les quatre nations britanniques, qui peinent à se mettre d’accord autour de règles acceptables par tous.

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Le score final de France-Allemagne sur le panneau d’affichage, innovation de l’époque

Qu’à cela ne tienne, le tournoi olympique organisé en 1900 rassemble… trois équipes (1). Le premier match opposera le 14 octobre l’Allemagne (sic) à la France. Le journal La Presse du  10 octobre annonce la composition des équipes pour « la dernière partie d’entraînement en vue des matches de l’Exposition », Léon Binoche figure dans l’équipe A .

1900 10 05 Binoche Léon compo rugby

La France emportera son premier match contre l’Allemagne 27-17 devant 3500 spectateurs. Le site Internet de la Deutscher Rugby-Verband (fédération allemande de rugby), un siècle après, n’a toujours pas digéré. On lit ainsi dans son historique :  « Le match de la France contre l’Allemagne a été, aux yeux de tous les participants, et même de la presse et des spectateurs français, un scandale du fait des décisions incompréhensibles de l’arbitre. Alors que les Allemands avaient atteint la mi-temps en démontrant leur supériorité, l’arbitre français Monsieur Potter [le même qui avait arbitré le match d’entrainement du dimanche précédent] sifflait de manière de plus en plus incompréhensible au fur et à mesure de la partie. L’équipe allemande avait bien demandé à ce qu’un Anglais soit désigné pour arbitrer cette partie, mais leur proposition avait été rejetée. Ainsi le soupçon de parti-pris ne s’est jamais dissipé [So bleibt der Verdacht der Parteinahme unausgeräumt]« .

On s’en doute, le compte-rendu publié dans « Tous les sports » et cité dans le rapport sur « les concours internationaux d’exercices physiques et de sports » (pages 66 et suivantes) n’a pas la même tonalité, dissimulant mal le plaisir à voir ainsi au tapis « nos adversaires de 1870″…

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Match France-Allemagne, l’équipe allemande est en maillot sombre (photo publiée dans le magazine La vie au grand air, n°3 p. 671)

Le second match devait opposer l’Allemagne et l’Angleterre, mais il n’aura pas lieu « parce que les deux équipes ne pouvaient pas rester sur toute la durée des deux semaines ».  Le deuxième match est donc une sorte de finale, qui oppose la France à l’équipe anglaise du Moseley Wanderers Club. Car en fait d’équipes nationales, l’Allemagne et l’Angleterre n’ont pas envoyé à Paris une sélection de leurs meilleurs joueurs, juste une équipe de club (L’Allemagne était ainsi représentée par  le SC 1880 Frankfurt, juste renforcé par un joueur de Stuttgart). L’équipe française est de son côté une sélection de joueurs du Stade Français et du Racing, réunis pour la circonstance sous la bannière d’une Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques (USFSA), parmi lesquels notre Léon Binoche, licencié au Racing Club de France, titulaire au poste de demi d’ouverture.

Et le 28 octobre 1900, les Français battent l’équipe anglaise par 27 à 8 devant les 6000 spectateurs du Vélodrome de Vincennes (on sait même très exactement que 3795 ont payé leur ticket 50 centimes, 594 ont payé deux francs (2) et environ 1600 sont entrés gratuitement). Bien qu’arbitrée par le même M. Potter (qui figure sur la photo officielle de l’équipe de France ci-dessous, c’est pour ainsi dire un ami de la famille…), la partie ne soulève cette fois-ci aucune contestation.  On relèvera juste que les Anglais avaient joué un match la veille à Birmingham et voyagé toute la nuit, arrivant à Paris à six heures du matin, « se présentant ainsi parfaitement épuisés pour le match contre la France »  souligne perfidement le site de la fédération allemande.

Léon marque un essai en deuxième mi-temps, on ignore combien de membres de sa famille sont dans les tribunes pour l’applaudir – Léon avait à l’époque entre père, frères, sœurs, leurs conjoints et enfants, une bonne trentaine de supporters potentiels, sans compter les oncles et cousins – toujours est-il que c’est la plus importante affluence de tous les événements de ces deuxièmes Jeux Olympiques de l’ère moderne…

Médaille en chocolat pour notre aïeul, diront les esprits chagrins. Il fallait pourtant être sélectionné – et gagner. Toutes les familles ne comptent pas un champion olympique dans leur arbre généalogique, il est possible qu’il n’y en ait jamais d’autres, mais le nom des Binoche est bien inscrit au palmarès olympique !

(Léon fera ensuite une carrière dans l’industrie, récit en préparation)

Brachet Léon Equipe France Rugby JO 1900 premier rang premier à gauche

L’équipe de France championne olympique de rugby en 1900.

(De gauche à droite) dernier rang : Jean Collas, Victor Lardanchet, Vladimir Altoff, Hubert Lefebvre, Albert Roosevelt, Jean-Guy Gautier, T.R.Potter (Arbitre)

Au milieu : Emile Sarrade, Auguste Giroux, Joseph Olivier (Capitaine), André Rischmann, Frantz Reichel,

Au premier rang, assis : Brachet Léon Equipe France Rugby JO 1900 médaille d'or

Léon Binoche, Alexandre Pharamond, Charles Gondouin, J. Hervé

 


(1) Informations tirées de l’ouvrage « The 1900 Olympic Games » de Bill Malon, disponible en intégralité ici

(2) 2 francs 1900, soit environ 7,75 euros 2015. Le prix des billets était le même pour les deux matches.


Les enfants d’Adolphe ayant vécu :

Louis  Henri  Marthe  Jenny Marguerite  André  Jules  James  Léon  Pierre

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